Les 10 meilleurs albums rap US de 2025
2025 aura été une année particulièrement intense pour le rap américain. Après une année 2024 déjà marquée par des sorties marquantes et des événements médiatiques retentissants, on pouvait se demander si le hip-hop US serait capable de maintenir le rythme. La réponse a été claire : la scène a continué de surprendre, d’émouvoir et d’imposer de nouvelles références, entre retours très attendus, albums posthumes poignants et talents émergents affirmant leur identité.
Si certaines affaires judiciaires ou controverses ont continué de faire parler d’elles, la musique a su prendre le dessus. Des artistes comme Mac Miller ont laissé un héritage bouleversant avec Balloonerism, tandis que Playboi Carti ou Tyler, The Creator ont su se réinventer et captiver un public toujours exigeant. Les collaborations inédites et les projets audacieux, comme ceux de Saba & No ID ou Freddie Gibbs & The Alchemist, ont montré que le hip-hop US n’a rien perdu de sa créativité et de sa capacité à fédérer.
La Rédac de BPZ s’est penchée sur cette effervescence pour en dégager dix albums qui, selon nous, représentent le meilleur de 2025. Des projets qui racontent une histoire, portent un message ou révèlent une vision artistique forte. Qu’il s’agisse de blockbusters attendus ou de travaux plus confidentiels mais essentiels, cette sélection illustre la richesse et la diversité de l’année écoulée.
Nous vous invitons à découvrir ces albums classés par ordre de sortie, pour revivre mois après mois les sons qui ont marqué 2025.
Bonne lecture et, surtout, bonne écoute.
Mac Miller – Balloonerism

Date de sortie : 17/01/25
Depuis sa disparition en septembre 2018, Mac Miller laisse derrière lui un vide cruel dans la sphère du rap américain : celui d’un rap expérimental, instrumentalement riche et profondément tourmenté. Balloonerism, projet composé de morceaux enregistrés en 2014 et probablement dernier disque publié à son nom, agit comme un deuil de classe, un adieu maîtrisé, comme rarement parmi ses pairs. Un album posthume qui ne cherche pas à lisser la douleur, au contraire, qui la donne à entendre dans toute sa complexité.
La production y est flottante et envoûtante, parfois inquiétante, parfois étonnamment apaisante. Mac y déploie une palette instrumentale foisonnante : tambourin spectral en ouverture, riff de guitare sensuel sur « Stoned », piano nu et bouleversant sur « Funny Papers » ou « Rick’s Piano ». Dix ans plus tard, le featuring de SZA sur « DJ’s Chord Organ » frappe par son évidence et rappelle le flair hors norme de Mac Miller pour dénicher les talents musicaux.
Obsessionnels et spirituels, les thèmes de la mort et de la drogue traversent l’album sans jamais vraiment le quitter. Balloonerism est un disque dur, émouvant, profondément bouleversant, au point qu’on se demande presque comment le natif de Pittsburgh a survécu à cette période, et à la conception même de ce disque.
Morceaux à écouter d’urgence : « Do You Have A Destination? », « Stoned », « Funny Papers » et « Rick’s Piano »
— Clément Durand
Playboi Carti – Music

Date de sortie : 14/03/25
Après des années de rollout chaotique et d’attente interminable, « MUSIC » marque enfin le retour de Playboi Carti, cinq ans après Whole Lotta Red. Un album forcément scruté, tant son prédécesseur est devenu culte avec le temps, célébré pour sa radicalité et son influence massive sur toute une génération. À l’arrivée, « MUSIC » ne tient pas toutes ses promesses, mais il serait injuste de le réduire à un simple échec.
Dès l’ouverture avec « POP OUT », Carti annonce la couleur : une entrée extrêmement agressive, frontale, qui rappelle son goût pour la saturation et le chaos. Certes, la tracklist de trente titres se révèle beaucoup trop longue et parfois indigeste, diluant l’impact global du projet. Pourtant, au cœur de ce trop-plein, l’album regorge de morceaux marquants, capables de raviver l’étincelle qui fait de Carti une figure à part depuis son éclosion en 2017. Même lorsqu’il recycle des références ou joue avec des formules déjà connues, il parvient par moments à retrouver une énergie brute et immédiatement addictive, comme « EVIL J0RDAN » et son drop ayant fait le tour des réseaux sociaux.
« MUSIC » donne aussi à voir un artiste qui tente de tout explorer, quitte à s’y perdre : du rage le plus abrasif à des tentatives plus accessibles, parfois convenues, mais pas dénuées d’efficacité. Cette dispersion affaiblit la cohérence de l’ensemble, mais témoigne aussi d’une volonté de ne pas se répéter. On peut voir « MUSIC » comme une sorte de laboratoire, inégal mais vivant. Un album imparfait, excessif, et parfois frustrant, mais qui confirme malgré tout que Playboi Carti reste capable, même dans des errements musicaux relatifs, de créer des moments qui marquent.
Morceaux à écouter d’urgence : « POP OUT », « I SEEEEEE YOU BABY BOI » et « COCAINE NOSE »
— Clément Durand
Saba & No ID – From The Private Collection of Saba and No ID

Date de sortie : 18/03/25
Alors qu’il convient d’attendre sagement la fin de l’année avant d’effectuer une liste des meilleurs albums, celui de Saba et de No ID a fait une entorse à cette règle en se plaçant très tôt parmi les meilleurs candidats.
Sorti durant le premier trimestre 2025, cet album réunissant la fine fleur de Chicago tant au micro que derrière les machines a conquis le cœur des fans mais également celui des critiques (dont la nôtre) très dithyrambiques à son égard.
Le maître No ID et son élève Saba nous ont donné une excellente photographie du rap actuel de la ville du vent tout en faisant un trait d’union entre deux générations joignant leurs forces pour l’amour de la rime.
Sur ce disque, l’auteur de CARE FOR ME n’a jamais semblé aussi détendu, libre et sûr de ses forces. Qu’il s’agisse d’introspection ou de pur egotrip, il y en a pour tous les goûts sur cette œuvre semblable à une leçon de style.
Quant au chef d’orchestre No ID, il ne cesse de prouver qu’il figure bel et bien parmi les légendes du genre si certain·e·s pouvaient encore en douter.
À l’heure où les projets collaboratifs s’accumulent (dont The Alchemist est responsable de la moitié d’entre eux), il semblerait que celui-ci se distingue parmi les meilleurs de la liste voire même de la décennie. On prend le pari.
Morceaux à écouter d’urgence : « Crash », « Westside Bound Pt. 4 » et « head.rap »
— Steven De Bock
Backxwash – Only Dust Remains

Date de sortie : 28/03/25
Certes, Ashanti Mutinta – alias Backxwash – n’est ni américaine, ni basée aux États-Unis. Mais l’artiste montréalaise vivant à une maigre heure de la frontière, vous nous pardonnerez son inclusion dans cette liste. La force de frappe de Only Dust Remains ne nous a pas franchement laissé le choix.
Dans les entrailles de son univers aussi sombre que singulier, entre hip-hop expérimental, hard rock et sonorités industrielles, Backxwash a toujours donné l’impression de pratiquer une forme d’exorcisme musical, abordant frontalement des thèmes comme l’identité de genre, la dépression, la religion ou encore son héritage africain. Mais là où ses prédécesseurs étaient empreints d’un désespoir quasi total, Only Dust Remains marque un virage net.
Car ici, il y a une lumière au bout du tunnel, qu’aucun morceau n’incarne mieux que l’exceptionnel « Wake Up ». Dès l’ouverture, Backxwash, quelque part entre exaltée et enragée, appuie ses consonnes avec férocité, propulsant chaque syllabe comme si c’était sa dernière. L’atmosphère est impénétrable, apocalyptique, presque suffocante. Puis, une lueur d’espoir surgit, et sur fond de piano et chorale gospel le morceau prend une tournure d’absolution, voire d’ascension. La qualité de la production, assurée par Backxwash elle-même sur l’ensemble de l’album, est par ailleurs phénoménale.
Les autres titres de Only Dust Remains prolongent le geste, et Backxwash s’efforce de faire le deuil de son passé, de sa haine de soi, de s’accepter elle-même et de chercher des raisons d’aller de l’avant. Un exercice cathartique dont la franchise force l’admiration, et qui fait de Only Dust Remains l’un des albums les plus marquants de cette année.
Morceaux à écouter d’urgence : « Wake Up », « History of Violence » et « Stairway to Heaven »
— Samuel Solaro
McKinley Dixon – Magic, Alive!

Date de sortie : 06/04/25
L’euphorie critique qui entoure McKinley Dixon depuis la sortie de Beloved! Paradise! Jazz!? en 2023 nous ferait croire à un artiste en début de carrière. Que nenni : le rappeur de Richmond signe avec Magic, Alive! son cinquième opus, et c’est toute sa maturité qui se fait ressentir sur cet album concept d’une densité remarquable – sans doute son essai le plus abouti à ce jour.
On retrouve sur Magic, Alive! tout ce qui faisait la force de son prédécesseur : un jazz-rap explosif porté par des instrumentistes hors-pair, frôlant l’improvisation, à l’instar des flows débridés de McKinley Dixon lui-même. Les arrangements et structures complexes servent de terrain de jeu idéal au dialogue qui s’installe entre les musicien·nes et le récit que livre le rappeur, en compagnie de plusieurs invité·es de renom (Blu, Quelle Chris, Pink Siifu). Car si l’histoire n’est jamais racontée de façon linéaire, le fil conducteur est clair : celui de quatre enfants tentant de ramener à la vie un ami disparu.
L’idée d’aborder un sujet aussi lourd à travers le prisme de l’enfance, du surréel et de la magie, n’a rien de nouveau en soi, mais elle trouve ici une résonance particulière. Il y a toujours eu une forme de turbulence dans la musique de McKinley Dixon : un léger manque de contrôle, une énergie tumultueuse et festive, qui menace sans cesse de sortir du cadre. Quoi de plus pertinent, dès lors, que de s’en servir pour raconter une histoire à hauteur d’enfant ?
Tout compte fait, McKinley Dixon réussit avec Magic, Alive! une surenchère parfaite, s’imposant aujourd’hui comme l’un des artistes les plus palpitants du jazz-rap américain. On attend désormais, non sans impatience, la prochaine histoire qu’il choisira de nous raconter.
Morceaux à écouter d’urgence : « All the Loved Ones », « Recitatif » et « F.F.O.L. »
— Samuel Solaro
CLIPSE – Let God Sort Em Out

Date de sortie : 11/07/25
Clipse ne revient pas pour rejouer sa légende. Let God Sort Em Out est un album qui exprime la voix de ceux qui ont déjà gagné, perdu, survécu, et qui n’ont plus rien à prouver. Pusha T et (No)Malice exposent un constat : sur ce que le temps fait aux hommes, aux empires et aux mythes.
Là où beaucoup misent sur l’agressivité ou la surenchère, Clipse choisit la précision. Sur Chains & Whips en collaboration avec Kendrick Lamar un des morceaux les plus durs mais jamais dans l’hystérie : ils sont calmes, presque distants. Ce rap-là ne cherche pas à dominer, il s’impose par sa pérennité.
La grande fracture de l’album se situe dans la coexistence de deux regards. Celui de Pusha T, toujours ancré dans la froideur du récit criminel. Au contraire (No)Malice, habité par la foi, le recul et le renoncement partiel. Chose qu’on remarque dans By the Grace of God. Ils laissent cohabiter leurs visions et parfois les confronte. C’est précisément cette tension qui donne au disque sa profondeur.
Pharrell accompagne ce retour sans l’enrober. La production est sèche, parfois inconfortable, volontairement dépouillée, comme sur M.T.B.T.T.F. Elle laisse de l’espace aux silences, aux mots, aux intentions. Clipse signe ainsi un album incontournable . Un disque qui ne demande pas l’attention, mais la mérite.
— Héloïse
Tyler, The Creator – DON’T TAP THE GLASS

Date de sortie : 21/07/25
On se souviendra longtemps de ce marathon musical que nous a offert le natif de Hawthorne. Non content de nous avoir offert l’excellent CHROMAKOPIA au crépuscule de l’année 2024, Tyler garnit sa discographie avec DON’T TAP THE GLASS à l’été 2025.
Rien ne nous préparait à la sortie de ce disque qui rompt à la fois avec sa tradition personnelle du hiatus de deux ans ainsi qu’avec sa propre discipline artistique.
Fini le rollout léché et sur-mesure, un simple post sur les réseaux suffit à préparer le terrain, tout ça en pleine tournée aux quatre coins du monde.
Ce lâcher-prise s’illustre sur plusieurs facteurs : celui de l’expérience mais surtout celui de la justesse pour celui qui est plus que jamais maître de son art.
Toutefois, il ne faut pas se laisser avoir par cette légèreté superficielle car même si ce projet est moins dense que ses prédécesseurs en termes de paroles ou de thématiques, il n’en reste pas moins important compte tenu des pistes musicales explorées avec brio.
À travers cet album, Tyler repousse les limites de sa créativité tout en parvenant à amener son public dans ses plus grands délires. Fort de plusieurs nominations aux Grammys 2026 pour CHROMAKOPIA et cet opus, il évolue désormais sur sa propre planète, jamais trop loin des Neptunes.
Morceaux à écouter d’urgence : « Big Poe », « Ring Ring Ring » et « Don’t Tap That Glass / Tweakin’ »
— Steven De Bock
Freddie Gibbs & The Alchemist – Alfredo 2

Date de sortie : 25/07/25
Cinq ans après le premier volume, le duo préféré de votre rappeur préféré a remis le couvert dans une année copieuse en termes de sorties musicales.
Qu’il s’agisse de films ou d’albums, le chiffre « 2 » est souvent redouté voire maudit par un public frileux de voir leur œuvre entachée d’une suite de mauvais goût.
Si bon nombre d’exemples vous viennent en tête en lisant ces lignes, Alfredo 2 figure pourtant parmi les exceptions du genre.
Toutefois, les risques étaient immenses vis-à-vis du précédent opus considéré aujourd’hui comme un classique moderne. C’est pourtant mal connaître le duo qui, à travers quatorze morceaux, nous gratifient de la bande originale ultime pour quiconque souhaite fantasmer d’une vie de gangster torturé sur les terres nippones.
Certes, l’omniprésence de The Alchemist dans la sphère musicale peut parfois rendre sa formule prévisible (cf. notre chronique sur Life Is Beautiful) mais elle reste diablement efficace lorsqu’elle est sublimée par un rappeur de la trempe de Freddie Gibbs.
Avec un peu moins d’invités à table que sur l’ancien volet, Gibbs assume la quasi intégralité du disque avec panache, technique et charisme. À moins que ça ne soit Don Cheadle derrière le micro entre deux films Avengers? Le mystère reste entier mais la qualité, elle, est indéniable.
Morceaux à écouter d’urgence : « Lemon Pepper Steppers », « Gold Feet » et « A Thousand Mountains »
— Steven De Bock
JID – God Does Like Ugly

Date de sortie : 08/08/25
Le prodige d’Atlanta a encore frappé. Trois ans après la sortie triomphale de The Forever Story, qui avait signé en 2022 le plus grand succès de sa carrière, JID s’assure avec God Does Like Ugly de faire taire pour de bon les dernier·ères sceptiques.
Il n’y a pourtant jamais eu l’once d’un doute quant à ses talents derrière un micro. Son aisance technique a toujours semblé si prodigieuse que la question serait plutôt : jusqu’où peut-il encore progresser ? Force est de constater que JID semble s’améliorer à chaque étape, et la densité de moments forts proposés ici en sont la preuve.
À commencer par « Glory » et la dissection de son rapport torturé à la religion, porté par une chorale gospel majestueuse et culminant sur un hommage à son frère incarcéré. Ou « Wholeheartedly », avec 6LACK et Ty Dolla $ign, dont la mélodie – aux airs de « Pink Matter » de Frank Ocean – nous rappelle que JID est un chanteur bien plus accompli que sa discographie ne laisserait penser. Ailleurs : l’alchimie parfaite avec Vince Staples sur « VCRs », l’ambitieuse fresque en trois actes de « Of Blue » ou encore les inflexions jazz-trap nerveuses à la Kendrick Lamar sur « K-Word ».
God Does Like Ugly regorge de morceaux bien ficelés, d’influences bien citées, et de prods variées mais toujours ancrées dans l’héritage du rap d’Atlanta. Cette recette est appliquée à la perfection sur « Community » en compagnie de Clipse, qui auront décidément marqué notre année 2025. Sur une instru à la fois sombre et soulful – évoquant le travail d’Organized Noize sur Soul Food de Goodie Mob – JID, Malice et Pusha T livrent des témoignages glaçants sur la pauvreté et la violence des quartiers qui les ont façonnés. Un morceau prodigieux, appelé à rester longtemps dans les esprits.
Morceaux à écouter d’urgence : « Glory », « Community », « Wholeheartedly »
— Samuel Solaro
Cardi B – Am I the Drama?

Date de sortie : 19/09/25
Sept ans après Invasion of Privacy, Cardi B revient avec un album qui fait voler en éclats un malentendu persistant : non, elle n’est pas qu’un phénomène pop adossé au rap. Am I the Drama ? est un disque de maîtrise de soi, de positionnement et de contrôle du récit.
Cardi n’y multiplie pas les clashes frontaux, mais installe une domination plus subtile. Le diss track comme Pretty & Petty contre JT le montre bien, elle ne cherche pas la démonstration technique : elle parle d’impact, de place, de hiérarchie culturelle. Le message est limpide, le rap ne se joue pas uniquement dans les performances, mais dans la capacité à marquer une époque, à fédérer, à cristalliser les débats.
L’album trouve son équilibre dans ses moments plus vulnérables. Sur Man of Your Words, Cardi délaisse l’armure pour un R&B introspectif, marqué par la rupture avec Offset. Pas de règlement de comptes spectaculaire, mais une désillusion posée, presque froide, qui donne au projet une maturité inattendue.
L’autre force majeure de ce projet est son identité. Les titres aux sonorités caribéennes et latines, comme Bodega Baddie rappelle les racines du Bronx de Cardi, cet espace où le rap a toujours dialogué avec le dancehall et le reggaeton. Une manière d’affirmer qu’on peut être sur-exposé et sous estimé, ultra-mainstream sans être remplaçable.
Morceaux à écouter d’urgence : « Safe », « Check Please » et « Principal »
— Héloïse
🏆 Mentions spéciales
Aminé – 13 Months of Sunshine, Babyface Ray – Codeine Cowboy, Billy Woods – GOLLIWOG, Chance The Rapper – STAR LINE, Danny Brown – Stardust, De La Soul – Cabin In The Sky, Demahjiae – what do you hear when you pray?, Destroy Lonely – ᐸ/3³, Earl Sweatshirt – Live Laugh Love, Flume & JPEGMAFIA – We Live In A Society, G Herbo – Lil Herb, Loe Shimmy – Rockstar Junkie…, Mick Jenkins – A MURDER OF CROWS, MIKE – Showbiz! / Pinball II, Navy Blue – The Sword & The Soaring, Niontay – Fada<3of$, Paris Texas – They Left Me With The Sword / A Gun, Pink Siifu – BLACK’!ANTIQUE, Quadeca – Vanisher, Horizon Scraper, Ray Vaughn – The Good The Bad The Dollar Menu, Sol ChYld – ReBirth.Theory, Summer Walker – Finally Over It, Tia Corine – Corinian, Westside Gunn – 12, Yeat – Dangerous Summer, Zelooperz – Dali Aint Dead



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