Stro et Cantrell, les destins croisés des nouveaux poulains Mass Appeal

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Stro et Cantrell, les destins croisés des nouveaux poulains Mass Appeal

Cantrell, Stro. Ça sonne comme le nom d’une bière allemande mais c’est bel et bien les nouveaux poulains du roster de Mass Appeal.

Bien que les deux artistes n’aient absolument pas le même parcours, ils possèdent une chose en commun : leur signature récente sur le label Mass Appeal. Retour sur les chemins empruntés de Stro et Cantrell par un chassé-croisé qui en ferait pâlir les autoroutes un week-end d’août.

Stro, l’enfant gâté

Stro est la dernière signature du label. Malgré son jeune âge (22 ans), cet artiste est loin d’être un novice. Il compte déjà à son actif plusieurs mixtapes et un album convaincant en 2017. Son ralliement à Mass Appeal devrait consacrer définitivement cet enfant, dont la voix transforme tout ce qu’elle chante en or.

Qui aurait prédit un tel destin à cet enfant prodige de Brooklyn ? Sûrement pas les puristes. Le gamin commence à saisir le micro à l’âge de 10 ans. Talent précoce élevé par une mère jamaïcaine, Brian de son prénom, est bercé à la soul de Marvin Gaye et Stevie Wonder. Rapidement, il adopte le pseudo Astro pour imiter ses idoles, Jay Z, Nas et Tupac. Sa mère lui promet alors de lui payer une séance de studio, s’il améliore ses notes en cours. Motivé par le challenge, il enregistre une première mixtape intitulée Birth Of Astro en 2010.

Pourtant, c’est à la télévision qu’il expose son nom pour la première fois au grand public. Effectivement, il intègre l’émission de télévision The X Factor, en 2011. Avec son single consacré à sa mère « Stop Looking At My Mom », il reste un des seuls rappeurs à l’épreuve finale. Septième du classement, il quitte l’aventure avec des doutes, mais aussi une bonne réputation de performer. Malgré sa déception, il consacre alors une mixtape à cette expérience télévisuelle mitigée, au titre significatif Loser. 

L’aventure X Factor s’avère plus traumatisante que prévu, puisque Stro décide d’effectuer une pause musicale. Pendant cette période, il compose tout de même quelques productions sous le nom de Basquiat. L’autre idole de Stro est une figure de son quartier, le cinéaste Spike Lee. Il se consacre alors à une carrière d’acteur, notamment avec des apparitions dans la série de science-fiction Person of interest de J.J. Abrams sur CBS.

Pur produit de l’entertainment americain, Stro revient à ses premiers amours en 2013, en délivrant coup sur coup deux mixtapes, un mini album en 2014, et quelques collaborations notables, dont une avec Termanology. Il confiera plus tard à Billboard vouloir prouver sur chaque projet réalisé que son but était de devenir un des meilleurs rappeurs de sa génération.

Il parvient partiellement à son but en 2017 avec son premier album, Grade A Frequencies. Si sur certains titres, Stro a du mal à se défaire de son côté pop star, l’album démontre une certaine maturité.  Véritable fan des grandes figures du rap des 90s, il sample Junior MAFIA sur « The Cool Kid », un titre qui représente bien sa personnalité. Il n’en faut pas plus pour attirer l’oreille d’une de ses idoles, Nas. Celui ci s’est sans doute reconnu dans le flow précis et posé de son jeune alter ego de Brooklyn.

Desireux de renouveler le catalogue de Mass Appeal, l’auteur d’Illmatic propose un deal à Stro. Honoré par l’adoubement de son aîné, l’ex-candidat de The X Factor y voit surtout l’opportunité d’acquérir une crédibilité durable. Il définit ainsi cette collaboration comme un nouveau départ artistique. Ce mariage de raison a accouché d’un huit titres de bonne facture. L’artiste a avoué être sous l’emprise de doutes tout le long de l’enregistrement de Nice 2 Meet You, Again. Sûrement soumis à la pression d’être à la hauteur de la confiance de Nas, il se dégage néanmoins une certaine sérénité et maîtrise dans la voix de Stro. L’image du produit télévisuel semble alors très loin. Et l’enfant prodige est devenu un artiste à part entière.

Cantrell, bombe à retardement

Depuis plus de 10 ans, Steve Cantrell s’essaie au rap. Tout d’abord avec le pseudonyme Yung Boi, puis sous son prénom-nom et enfin uniquement comme il est connu actuellement, Cantrell. Si le jeune homme d’Albany, petite ville de Géorgie, a fait ses armes dans sa région, le rappeur d’aujourd’hui souhaite conquérir un public plus large. La signature chez Mass Appeal est une formidable opportunité de faire entendre sa vibe, logée entre l’ancienne et la nouvelle génération.

En tapant dans l’œil du grand Nas, cet ancien bon joueur de football américain et fan de skate a fait un sacré bond en avant dans sa carrière car Nasty Nas n’est pas du genre à prendre beaucoup de risque sur ses signatures. Le dernier pari tenté par le fondateur Mass Appeal, c’est Dave East, qui était déjà bien ancré dans le rap system.

Son dernier album Stardust 2 Angels est une bonne raison de croire que de miser sur cet artiste était la bonne décision. 8 morceaux, une trentaine de minutes et Cantrell donne cette sensation de vouloir en découvrir instantanément plus.

Le problème, c’est qu’il y a très peu de matière à se mettre sous la dent. On ne va pas se mentir, la signature de Cantrell chez Mass Appeal, c’est digne des capacités de Daredevil, c’est-à-dire partir à l’aveuglette quelque part mais bien sentir les choses (S/O Netflix, remettez la série s’il vous plait).

Avant de signer Steve, les recruteurs MA ont du creuser et faire quelques sessions d’écoute de l’EP pour percevoir le potentiel. Car mis à part quelques tracks par ci par là et un projet avec David Luke, sorti de nulle part sur SoundCloud, les possibilités d’écoute du rappeur sont vraiment peu nombreuses. L’intéressé a même supprimé son compte SC, où l’on aurait pu écouter un opus nommé The EP Tape Demo Projec avec un featuring, entre autres, de 6LACK !

Peu importe pour Nas et Mass Appeal, le coup de poker est tenté, et ce pour notre plus grand plaisir au vu de la qualité de Stardust 2 Angels. De notre côté, on attend patiemment la suite. Stay tuned.