Dala, nouveau capitaine dans la piraterie

Dala

Dala, nouveau capitaine dans la piraterie

Il a rejoint le navire du Duc il y a presque trois ans. Il se nomme Dala et sort son premier album intitulé MLJ Hills en 2022. Dans cet entretien, le rappeur issu de Mantes la Jolie revient sur son parcours et sa relation avec Booba.

 

BACKPACKERZ : Avant toute chose, peux-tu te présenter pour ceux qui te découvriraient ?

Dala : Je viens de Mantes la Jolie, une ville ou j’ai passé la quasi-totalité de ma vie. Avant le rap, on va dire que j’ai essayé de me débrouiller, comme tout le monde. J’ai eu une période de ma vie dans la rue, une autre où je travaillais et une autre en prison. 

Comment as-tu ensuite commencé le rap ?

J’avais une bande d’amis qui rappait dans mon quartier mais ça ne m’attirait pas plus que cela au début. C’est lors de mon premier passage en prison à Fleury-Mérogis en 2010 que j’ai écrit mes premiers textes. A ma sortie, j’ai décidé de me concentrer davantage et j’ai posé mes premiers morceaux au studio. 

Quelles sont les artistes qui t’ont marqués durant ton parcours ?

Avant de signer avec lui, Booba était un rappeur que j’écoutais beaucoup, notamment lorsqu’il était membre de Lunatic. Venant de Mantes la Jolie, j’ai été logiquement un auditeur d’Expression Direkt. Globalement j’ai beaucoup écouté de rap old school dans mon parcours d’auditeur. Mais il y a aussi quelques artistes de la jeune génération que j’apprécie beaucoup. En dehors de notre roster (Green Montana, SDM, Bilton…) j’écoute aussi Maes et Uzi. 

Quel est ton rapport avec Seth Gueko, qui t’a poussé à partir de 2019 ?

Avant de signer avec Booba c’est un des premiers qui m’a donné de la force. Il m’a invité sur l’album Destroy en 2019 alors que j’étais peu médiatisé et cela m’a donné beaucoup d’opportunités par la suite. Je suis aussi présent sur son dernier album sorti cette année. 

Comment as-tu ensuite rencontré Booba ? Avais-tu des connexions réelles avec lui ou cela s’est fait par le biais des réseaux sociaux ?

Booba est tombé sur quelques uns de mes freestyles par le passé. L’un de ces morceaux était basé sur la prod de “Glaive” et l’a particulièrement attiré vers moi. J’avais des connexions avec son manager, qui m’a mis en contact facilement avec lui. Ensuite tout s’est enchaîné rapidement et j’ai eu la chance d’apparaître sur Ultra la même année. 

Qu’est-ce que cela t’a fait d’apparaître sur Ultra ?

C’est une véritable fierté pour moi. Comme je te le disais, Booba est un artiste que j’écoute depuis de nombreuses années et c’est même un rêve de gosse qui se réalise d’être présent sur son album. Quand on était petit on s’imaginait rapper avec lui donc cela m’a fait plaisir forcément. C’est aussi une forme de validation auprès du grand public. 

Est-ce que ce featuring t’a apporté une visibilité importante ?

J’ai pris des followers à mort (rires). Ultra a fait un super démarrage et on sait tous que Booba a une fanbase très importante et fidèle, donc dans cette logique, il y a beaucoup de personnes qui m’ont apporté du soutien. Plusieurs de mes titres ont explosé en termes de streams par la suite. 

Tu sors cette année MLJ Hills. Pourquoi était-ce le moment de sortir ton premier album ? 

J’étais vraiment impatient de sortir ce premier projet. Cela faisait un an que j’étais signé sur le label de La Piraterie et donc c’était pour moi le bon moment de me montrer au public. J’ai beaucoup travaillé pendant cette année, on a retravaillé ma direction artistique de façon carrée. Je catégorise ce projet comme une carte de visite de tout mon univers. Même si j’ai fait des titres introspectifs dans mon album, je compte m’ouvrir davantage dans le prochain opus. 

Quel est ton rapport à Mantes la Jolie, qui donne son nom à l’album ?

C’est là où j’ai tout appris, où j’ai tout vécu. C’était une évidence pour moi de rendre hommage à ma ville au sein de mon projet. J’ai ajouté le “Hills” car on a trouvé avec Booba qu’il existait une ressemblance entre le paradoxe de Mantes la Jolie et celui de Los Angeles. C’est en effet une ville où les riches et les pauvres se côtoient de près avec de belles villas sur les collines qui surplombent les cités. Tout comme L.A. 

Tu es également originaire du Maroc et tu as réalisé la couverture de ton album sur place. Quel est ton attachement avec ce pays ?

C’est là ou se trouvent mes origines, où j’ai passé beaucoup de moments plus jeune. Cela faisait longtemps que je n’y étais pas allé donc j’étais très content d’y retourner. La cover du projet s’est faite de façon très naturelle sur place. Les enfants que tu vois sur cette dernière sont la pauvreté incarnée. Tout ce qui se dégage de cette photo est réel, c’est important pour moi de dépeindre quelque chose d’authentique dans mon esthétique.

On retrouve dans ta façon de rapper une certaine hargne qui me rappelle Sefyu ou encore Sinik. Est-ce que c’est une période du rap qui inspire profondément ta musique ?

Bien sûr. Sefyu est un des rappeurs qui m’a le plus marqué dans mon parcours d’auditeur. Lui et des rappeurs comme LIM ou le Beat de Boul ont contribué à mes inspirations musicales. Je ne suis pas très branché Sinik pour le coup mais cette hargne qu’il avait à l’époque a déteint sur ma musique. 

Comment s’est déroulé le tournage de « Baby » en Colombie avec Booba  ?

Je n’avais jamais voyagé aussi loin donc c’était une expérience assez dingue. Il y avait toute l’équipe sur place comme Gato et mon manager, on a passé un très bon moment. Cela m’a fait passer un cap dans la réalisation de clip car je suis passé dans la cour des grands en termes de prod. Il y avait peut-être 50 personnes qui étaient sur place pour assister au clip donc ça m’a donné beaucoup d’expérience. 

Est-ce qu’il y a un projet de réaliser un album commun entre les albums de la Piraterie ? A la manière de Rick Ross avec son label par exemple. 

Je ne vais pas te mentir je n’en ai jamais entendu parler, mais on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. 

Comment vas-tu aborder la suite ?

Je suis super content des retours sur le projet. Je sens que j’ai passé un cap en termes de streams et de qualité musicale. On va défendre le projet à fond en concert et en showcase jusqu’à la fin de l’année. Ensuite on se concentrera sur le prochain album…